
L’épreuve de la prison fait découvrir aux adolescents incarcérés un monde complexe et ambigu, o๠l’ennui côtoie la violence, o๠les adultes ont pour missions de les aider à sortir de la délinquance, sans en avoir les moyens suffisants. Le choc de la détention a bien souvent pour effet de remobiliser des affects et des réflexions qui étaient neutralisés par l’engrenage de la délinquance. C’est pourquoi les mouvements psychiques consécutifs à l’enfermement sont complexes et imprévisibles, et (…)
Objectif La honte, bien qu’omniprésente en prison, est souvent cachée ou masquée, enfouie derrière les barreaux. Elle reste peu étudiée par la recherche en psychologie. Nos travaux se sont intéressés à ce sentiment dans le cadre carcéral pour tenter d’en éclairer les visages et les cheminements. Méthode Notre recherche qualitative clinique a été menée dans une maison d’arrêt de la région parisienne, appuyée sur des entretiens de suivi psychothérapeutiques et des groupes de parole sur la (…)
Position du problème La prévalence des troubles psychiatriques est élevée dans les prisons françaises. Pourtant, l’efficience des dispositifs de soins en place (unités sanitaires en milieu pénitentiaire [USMP], services médico-psychologiques régionaux [SMPR] et unités d’hospitalisation spécialement aménagées [UHSA]) est peu étudiée. L’objectif principal de cette étude est de décrire, dans les vingt prisons du Nord de la France (Hauts-de-France, Eure, Seine-Maritime), le recours aux (…)
Objectif Cet article interroge le retentissement de l’enfermement carcéral sur l’investissement subjectif du corps pulsionnel. Nous postulons l’hypothèse d’une réification de l’objet consécutive au processus d’incarcération qui retentirait directement sur l’investissement du corps propre par le sujet, comme sur ses trajectoires pulsionnelles. Méthode Nous avons travaillé à partir d’un cas de patient suivi en psychothérapie en unité de soins, en milieu carcéral. Résultats L’analyse de cas (…)
Cela fait plus de cinquante ans que l’Administration Pénitentiaire (AP) française fait de la prévention des risques suicidaires en détention. Elle est sans doute l’une des administrations qui prend le mieux en compte ces risques aujourd’hui. Elle en a même fait l’une de ses priorités. Cela passe, d’une part, par l’élaboration d’un dispositif de formation initiale et continue sur cette thématique et, d’autre part, par la mise en place de mesures de prévention basées sur l’évaluation du (…)
Position du problème En prison, en 2012, selon diverses sources, 4 à 56 % de la population carcérale d’Europe consommaient des substances psycho-actives (SPA). Le but de notre étude était de décrire la consommation de SPA pendant l’incarcération à la prison de Lyon-Corbas. Méthode Une étude descriptive transversale a été menée entre le 23 et le 27 septembre 2013 auprès de tous les détenus de cette prison. Nous avons utilisé un questionnaire auto-administré anonyme, distribué à l’heure du (…)
Objectif
En France, les mesures de confinement ont été accompagnées de dispositions spécifiques pour les prisons : suspension des activités, parloirs et interventions extérieures. Plus de dix mille personnes détenues ont en outre été libérées pour diminuer le taux d’occupation des établissements et limiter la propagation du virus. L’objectif de cet article est de décrire la réorganisation des soins psychiatriques en milieu pénitentiaire en contexte de pandémie de Covid-19 et d’interroger (…)
Les personnes détenues àçgées de plus de 50 ans représentent 11,9% de la population carcérale au 1er janvier 2018.
Le vieillissement de la population en France s’est imposé comme un enjeu majeur des politiques publiques. Il impacte de nombreuses institutions confrontées à des difficultés inédites. C’est le cas des établissements pénitentiaires o๠les personnes détenues àçgées de plus de 50 ans représentent 11,9% de la population carcérale au 1er janvier 2018. Loin de chercher à (…)
La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté publie un rapport thématique sur « La nuit dans les lieux de privation de liberté ». Le CGLPL constate régulièrement que la notion de « nuit » renvoie, au sein des lieux d’enfermement, à des organisations et des durées très hétérogènes. La nuit représente un enfermement dans l’enfermement : enfermement dans les cellules et chambres de lieux eux-mêmes clos. La nuit, qui peut débuter à 18h30, est le moment o๠les portes se referment, (…)
Portée par un imaginaire nourri, la prison est méconnue ; plus encore les conditions de la vie carcérale. Elle reste encore plus imaginée qu’appréhendée rationnellement, y compris par les pouvoirs publics ou les magistrats.
Le présent ouvrage, appuyé sur une familiarité des lieux et des personnes, sur une documentation inédite, sur l’observation des prisons conduite de 2008 à 2015 par la nouvelle institution du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, entend livrer des (…)