
En 30 ans, la psychiatrie s’est progressivement éloignée de son image carcérale et s’est enrichie de nouvelles pratiques basées sur l’alliance thérapeutique. Parallèlement, de plus en plus de détenus souffrant de pathologies psychiatriques sont incarcérés dans les prisons de France et d’Europe, créant des besoins de soins et d’accompagnements au-delà des capacités de réponse des dispositifs en place. Qu’ont-ils en commun, ces patients qui rentrent en prison et pourquoi ’ échappent-ils’ aux (…)
L’auteur étudie une expérience née de la réforme mise en place par le directeur de l’Administration pénitentiaire, Paul Amor, au lendemain de la seconde guerre mondiale. Les prisons-écoles, créées pour les jeunes condamnés de 18 à 28 ans, sont des établissements carcéraux o๠l’apprentissage professionnel et l’instruction scolaire sont le socle du projet. Elise Yvorel montre comment la réalité du quotidien dans ces établissements se heurte à la théorie d’une « peine éducative » impossible à (…)
La prison fait partie du paysage politique et médiatique depuis l’année 2000 au cours de laquelle furent publiés livres, rapports parlementaires et autres textes dénonçant l’état du système carcéral. Une enquête nationale effectuée en 2003 indique que les connaissances des Français sur la prison révèlent une vision critique, libérale et intéressée, contredisant en partie les clichés d’une opinion publique éloignée des problèmes pénitentiaires et prônant la tolérance zéro quant à la nature (…)
La prison est un lieu d’enfermement, de tensions et de violences (Chauvenet, Rostaing, Orlic, 2008) mais elle peut se transformer, sous l’influence d’un partenariat, ici culturel, et établir plus de liens entre le dedans et le dehors. Nous formulons ainsi l’hypothèse que l’institution carcérale pourrait remettre en cause le principe de clôture qui la constitue par l’entrée de la culture. Celle-ci est certes reconnue comme un droit fondamental des détenus à la fois par la loi pénitentiaire (…)
La sociologie qualitative en prison est-elle utile ? Quelle question ! N’est-elle pas sans objet, déplacée, provocatrice, ou tout cela à la fois ? La connaissance, la volonté de savoir, la vérité, l’objectivité, la scientificité ne se justifient-elles pas d’elles-mêmes, dans leur positivité propre ? N’est-il pas légitime que le sociologue, et, a fortiori, le sociologue engagé, s’attache à décrypter les ressorts sociaux des réalités carcérales ? La réponse affirmative à cette dernière (…)
Dans les divers types de prisons françaises, la religion permet souvent aux détenus de structurer leur vie. La pratique religieuse a, en effet, des vertus thérapeutiques, de pacification, de sens et de réhabilitation de soi. Les détenus recourent, par ailleurs, de manière stratégique aux aumôniers pour rencontrer d’autres détenus, pour comprendre leur jugement ou pour contester l’institution. Les recours à la religion sont similaires d’une confession à l’autre, à l’exception de la (…)
Pour la première fois en France, des sociologues ont réussi à enquêter sur la violence carcérale. Ce livre analyse l’ensemble des relations entre personnes incarcérées, entre personnels et détenus, ainsi que les effets de la structure sécuritaire de l’institution sur ces relations. Il montre que la violence légale du cadre carcéral est l’un des facteurs essentiels des violences en prison, malgré les moyens institutionnels et les efforts déployés par les professionnels et par les personnes (…)
La prison, encore et toujours ? Le 24 novembre 2009, le Parlement français a voté une loi pénitentiaire présentée par la Garde des Sceaux comme la « source essentielle d’un droit pénitentiaire clarifié, modernisé, en phase avec les attentes de notre démocratie ». En faisant de l’individualisation des peines et de la lutte contre la récidive les deux piliers du service public pénitentiaire, cette loi était censée poser les jalons de la modernisation tant attendue des conditions de détention. (…)
Comme pour bien d’autres objets, il y a différentes façons d’analyser la prison en sociologie. On peut l’observer de front, en se centrant sur le coeur de l’institution carcérale : faire l’histoire des politiques pénales, observer l’évolution des droits des détenus, évaluer le sens de l’enfermement, étudier le primat des logiques punitives/sécuritaires sur les autres modes de justification de la sanction, typer les relations entre personnes détenues et personnels pénitentiaires... On peut (…)
On se fait trop souvent de la prison une idée manichéenne : tous les détenus sont dangereux, les surveillants se conduisent comme des tortionnaires. Aussi Claudie Guimet a-t-elle ressenti le besoin de bousculer les idées reçues sur ce monde méconnu et de sortir du cadre dévolu à l’aumônier qui relate son expérience uniquement du point de vue religieux. Elle ne juge pas, elle écoute, compatit et s’attache aux hommes et aux femmes qu’elle y a rencontrés. Soulevant un coin du voile, ce récit (…)