
Exercer en prison quand on est professeur des écoles, c’est assurer une mission très particulière de l’Education nationale, au-delà de la lutte contre l’illettrisme qui est cependant prioritaire. Il y a d’abord le choc de l’immersion dans l’univers carcéral, puis la découverte des règles qui régissent cette microsociété. Des rencontres marquantes avec des hommes qui vivent dans l’attente : d’un jugement, d’une fin de peine ou simplement d’une visite au parloir, d’un courrier. Et il y a (…)
Que savons-nous vraiment de la prison ? Uniquement ce que veulent bien nous en dire des détenus ou des membres de l’administration pénitentiaire.
Arthur Frayer a voulu aller plus loin. Pour voir par lui-même ce qui se passe dans ce monde clos, ce jeune journaliste a passé le concours de gardien de prison et est devenu, l’espace de quelques mois, un « infiltré ».
En stage à Fleury-Mérogis, puis en poste à Orléans, il raconte ses mois passés en détention. On découvre avec lui, en (…)
Depuis vingt et un ans, Olivier Maurel vit en prison. Pas derrière les barreaux, mais devant : c’est le patron. Des maisons d’arrêt surpeuplées aux centrales de haute sécurité, il a tout vu et aujourd’hui, il raconte la vérité crue de son métier, les rapports humains d’une intensité extrême qui font son quotidien, la violence, la misère, la folie.
Ce témoignage bouleverse la vision communément admise de la prison, et surtout des hommes qui y travaillent. Olivier Maurel montre combien la (…)
Prison moyenàçgeuse, crasse indicible o๠règnent les rats, les cafards et les punaises, maladies qui n’existent qu’en temps de guerre, détenus entassés, suicides à la chaîne, sida, toxicomanie, prostitution et viols... Tel est le quotidien de Véronique Vasseur, médecin-chef à la prison de la Santé depuis 1993 ; elle décrit cette prison dans ce livre-document poignant. À l’heure o๠le débat sur le monde carcéral fait rage, elle raconte les consultations dignes de la cour des miracles, la (…)
Ce livre est parti d’un constat : la prison est devenue un asile psychiatrique. Un prisonnier sur cinq souffrirait de troubles mentaux. Catherine Herszberg a donc choisi d’aller enquêter là o๠échouent ceux qui n’ont plus de place nulle part, ni à l’hôpital ni ailleurs. De décembre 2005 à avril 2006, elle a accompagné l’équipe psychiatrique de la prison de Fresnes. Introduite et guidée par Christiane de Beaurepaire, chef du service, elle a suivi les prisonniers, les malades, les soignants, (…)
Les femmes sont de plus en plus nombreuses à investir des univers professionnels jusque là réservés aux hommes. Prenant l’exemple des surveillantes qui, depuis peu, sont affectées dans les prisons pour hommes, l’auteur interroge la possibilité d’une véritable mixité au travail entre hommes et femmes. Pour les nouvelles recrues, l’apprentissage du métier s’accompagne d’une série d’épreuves dont l’objet paraît fort éloigné de la socialisation au collectif de travail (masculin). La difficile (…)
À partir d’une recherche menée de l’intérieur de la prison, l’étude des pratiques temporalisées de santé des personnes durablement privées de liberté suggère une baisse progressive de l’investissement du corps chez une relative majorité de détenus rencontrés. Cette érosion de l’attention faite à un corps – propriété de soi – paraît relever d’une conjugaison synergique négative entre, d’une part, les mécanismes de résistance aux effets du temps carcéral et, d’autre part, les réalités (…)
Révélée et exacerbée par le passage d’un système d’échange oral à un système d’échange écrit, la situation d’illettrisme en maison d’arrêt remet en question le rapport aux savoirs des détenus. Partant d’une enquête qualitative menée auprès d’une quarantaine de personnes incarcérées en situation d’illettrisme ainsi qu’auprès d’une quinzaine de professionnels, notre recherche porte sur les modifications de l’expérience et sur la reconstruction identitaire au cours du vécu carcéral. L’analyse (…)
En 2001, une extension de l’enquête Handicaps, incapacités, dépendance (dite HID) a été réalisée auprès d’un échantillon de près de détenus en France. Un détenu sur deux a au moins une incapacité, et la fréquence des incapacités d’origine psychique apparaît particulièrement élevée. À structure par àçge et par sexe similaire, la prévalence des incapacités d’origine physique est près de trois fois plus élevée en milieu carcéral qu’en population générale. Cet écart résulte de deux effets qu’il (…)
Dans une perspective de sociologie du travail sont analysées les incidences sociales (pratiques et symboliques) de l’exercice d’une activité de travail sur le rapport au temps des personnes détenues.
À l’unité du lieu clos, Donald Clemmer et Erving Goffman (deux auteurs classiques de sociologie de la prison) font correspondre une unité de temps. À l’encontre de ces approches et à partir d’une enquête de terrain menée dans cinq prisons françaises, il apparaît que le clivage vie privée/vie (…)