
À partir d’une pratique de clinicienne en milieu pénitentiaire, cet article a pour objectif de témoigner de la réalité professionnelle concernant la mission, la fonction et les difficultés auxquelles sont soumis les psychologues travaillant en prison. En effet, il existe une spécificité de la pratique de par les profils psychologiques des patients pouvant s’engager dans un travail thérapeutique. De plus, ce report note, au-delà de la prise en charge soignante, des réalités institutionnelles. (…)
« En ce moment, je vois les mecs qui travaillent aux travaux, ils se font harceler par les femmes, elles les bousculent et c’est aussi trash que les bonhommes. En plus, il y en a un qui est joli garçon, elles sont là : je vais me le faire… » « Cette surveillante, je lui disais tout. Elle amenait ses baskets, on faisait la course dans le couloir, on attendait que tout le monde soit enfermé. Ou elle me mettait sur le charriot et elle me poussait ! » « Y en avait une qui me passait des (…)
Plan de l’article
Incarcérer pour soigner : quand la prison devient hospitalière ?
I - Troubles mentaux en prison : entre problème de santé publique et enjeu de sécurité nationale
I.1 - De l’asile à la prison : des « vases communicants » ?
I.2 - En prison mais à l’hôpital
II - Soigner ou punir ? Confusion morale, tensions professionnelles
II.1 - Malade ou déviant ? La figure du fou criminel
II.2 - Punir ou soigner ? Des soins à la demande du juge
Conclusion
Que se passait-il dans les prisons parisiennes d’Ancien Régime ? Cachots sinistres, concierges tyranniques, abus, vexations et désespoir concentrent-ils vraiment tout ce qu’il y a à en dire ? Des cas comme celui de Jean Pierre Ravinet, prisonnier rétif du Grand Chàçtelet, permettent d’éclairer la question. La procédure judiciaire à laquelle ses frasques donnent lieu expose, en filigrane, un monde bien plus complexe. Elle dessine une geôle dans laquelle les détenus ont un rôle actif à jouer (…)
Cet article traite de la prise en charge psychothérapeutique d’une patiente incarcérée pour des délits répétés. Il illustre les difficultés de traitement de cette patiente qui présentait une vulnérabilité addictive massive en lien avec d’importantes fragilités narcissiques, nous amenant à questionner ces dimensions au regard du transfert dans un lieu clos, comme en miroir des difficultés psychopathologiques des patients. Dans un premier temps nous évoquons le contexte de la rencontre (…)
Le travail vise à analyser la situation de mineurs dits étrangers isolés en milieu carcéral en s’appuyant sur une lecture transculturelle. Il s’agit de rendre compte de l’impact de l’incarcération sur leur fonctionnement psychique, sur leur confrontation à autrui en lien avec les processus d’affiliation et de filiation en oeuvre.
Le principe de laïcité de l’État, déjà difficile à saisir en raison de ses multiples dimensions et conceptions (Rivero, 1949 ; Prélot, 2006), s’avère particulièrement ambigu lorsqu’il est confronté à l’institution carcérale. Cet espace clos, soumis à un ordre disciplinaire particulier, interroge une fois de plus les fondements de l’État parmi lesquels figure le principe de laïcité, inscrit à l’article... Plan de l’article
Introduction
1. L’exercice de la liberté de religion dans l’espace (…)
La population carcérale est en moins bonne santé que la population générale et présente des comorbidités plus fréquentes, notamment addictives. L’enquête Drees de 2003 montrait que 33 % des entrants en prison déclaraient une utilisation prolongée et régulière de drogues illicites au cours des 12 mois précédant l’incarcération. Nous avons souhaité décrire la réalité des consommations de substances psycho-actives et pratiques à risques associées en détention. Nous avons ainsi mené 9 entretiens (…)
En France, plus de 70 000 personnes sont incarcérées ; le nombre de détenus baisse partout en Europe, sauf dans notre pays. Prisons surpeuplées, traitements inhumains, conditions d’hygiène déplorables... la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme. Pourtant, la seule réponse des politiques est de construire toujours plus de prisons... On ne peut que constater l’échec de notre système carcéral qui génère des réflexes de délinquance et de rejet de la (…)
La loi Française du 4 mars 2002 a introduit la possibilité de suspendre la peine des personnes détenues en fin de vie. Cependant, tous les détenus malades en fin de vie n’ont pas accès à cette mesure. La plupart d’entre eux sont accueillis dans une Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale (UHSI) souvent pendant plusieurs semaines, parfois jusqu’à leur décès. Le but de cet article est de mettre en évidence la perception des soins palliatifs des patients détenus et des professionnels les (…)