
Selon le droit de l’exécution des peines, un éventail de mesures judiciaires permet de déplacer un détenu vers l’extérieur des murs, de manière temporaire ou pérenne. Il s’agit d’un ensemble assez flou, appelé aménagements de peine. Un paradigme dominant des politiques publiques enjoint à favoriser les demandes de ces mesures de la part des détenus condamnés. L’idée est d’organiser des voies progressives de sortie. Les acteurs professionnels de la prison et de la justice s’accordent à (…)
Depuis des décennies, les gouvernements successifs, le parlement, ont échoué à mettre en place une politique efficiente face à la délinquance. Si des évolutions intéressantes ont pu être esquissées, leur mise en œuvre est demeurée trop timorée : jamais les décideurs n’ont eu le courage de surmonter les pressions et d’opérer les bons choix. En s’appuyant sur son expérience et à la faveur de nombreux échanges, l’auteur formule soixante-six propositions pour engager le tournant nécessaire.
Cette recherche porte sur les résistances opposées par les détenus au système carcéral. Partant d’une expérience de l’enfermement, l’auteur propose une analyse pluridisciplinaire (droit, sociologie, psycholologie, psychiatrie, philosophie) tentant de rendre son regard d’usager sur cette institution et son milieu. Il est convaincu que les résistances sont déterminantes et essentielles pour l’évolution de la condition pénitentiaire et le devenir des condamnés.
Cet ouvrage est le résultat d’une recherche menée pendant plus de trois ans dans plusieurs prisons construites depuis 2007 et auprès des nombreux acteurs impliqués dans la construction, la vie et le travail dans ces prisons modernes. Il dresse un bilan de ce nouvel univers carcéral français et constitue un instrument de réflexion offert aux citoyens, aux chercheurs et aux pouvoirs publics également concernés par la question carcérale.
Avec une préface de Jean-Marie Delarue.
Avec le (…)
partir d’une enquête ethnographique menée sur une durée de 10 mois dans une maison d’arrêt de la région parisienne (en particulier l’observation de 81 jugements en commission de discipline), cette contribution vise à analyser et à questionner le contenu et le sens de la procédure disciplinaire en prison (du signalement d’incident à la réception des sanctions). Dans quel but sanctionne-t-on des détenus indisciplinés ? S’agit-il simplement de punir une conduite déviante et/ou de prévenir une (…)
Dans la perspective des travaux géographiques et sociologiques qui analysent les relations entre l’intérieur et l’extérieur de la prison et interrogent l’application du concept d’« institution totale » (Goffman, 1968 [1961]) au contexte carcéral, on souhaite montrer que la vie sociale en détention n’est pas seulement façonnée par les contraintes internes à l’institution, mais qu’il existe une continuité des réseaux relationnels et des rapports sociaux par-delà le mur. Cette analyse repose (…)
Plan de l’article
I. Un recours modéré à la procédure officielle
I.1. La labilité des règles en contexte carcéral
I.2. La rédaction d’un rapport, l’exception qui confirme la règle
I.3. L’effet de la judiciarisation sur la procédure
II. Le rapport d’incident au cœur de la relation carcérale
II.1. « Ne pas en mettre, c’est rester maître du jeu »
II.2. La transmission du rapport, une prise de risque ?
III. L’ordre négocié et ses limites
III.1. Un ordre disciplinaire local
III.2. Des (…)
L’enfermement est historiquement la première forme de « traitement » spécialisé des jeunes en conflit avec la loi et demeure, à l’heure actuelle, une voie dans laquelle de nombreux pays continuent d’investir des deniers publics (Bailleau et al., 2009). Chercher à dresser un bilan comparatif de l’enfermement des mineurs à l’échelle européenne reste très complexe étant donné d’une part, l’hétérogénéité...
Plan de l’article
I. Un nouveau jalon dans l’enquête sur les usages du droit en prison
II. Entre « décarcération » du droit pénitentiaire…
III. … et résistances organisationnelles pour désarmer le droit
En milieu carcéral, la prévalence des troubles mentaux et des décès par suicide atteint des proportions largement supérieures à celles de la population générale, le risque de mourir par suicide étant de 11 à 14 fois plus élevé. À partir d’un échantillon de 565 individus nouvellement incarcérés, le lien entre les tentatives de suicide et les troubles mentaux a été étudié, en mettant l’accent sur le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Les résultats démontrent que la (…)